2 anciennes tombes pour l’Histoire !

Curés et religieuses sortis de l'oubli !

Quatre curés décédés en fonction et quatre religieuses du couvent de Saint-Joseph sont inhumés au cimetière. L’usure du temps faisant son œuvre, les Amis du patrimoine de Villars se sont penchés sur leur histoire.

Ce sont deux tombes situées côte à côte qui risquaient de tomber dans l’oubli et qui ont attiré l’attention des Amis du patrimoine de Villars. Elles viennent de bénéficier du programme d’entretien assuré par les services techniques municipaux. Mais l’usure du temps fait son œuvre et affecte la lisibilité des caractères inscrits, d’où un travail de recherche effectué par les historiens locaux.

En haut, près du portail d’entrée du cimetière, se côtoient donc deux caveaux. Le premier a été érigé en 1878 et financé par les paroissiens de Villars. Sur son fronton est inscrite l’expression latine suivante : « Quorum nomina sunt in libro vitae » ce qui signifie : « Dont les noms sont inscrits dans le livre de la vie ». Le livre de vie est une métaphore biblique qui désigne la liste de ceux qui appartiennent à Dieu et qui ont part au salut et à la vie éternelle.

Quatre curés de la commune, décédés en fonction, sont ici enterrés. Cette initiative fut prise après le décès de Benoit Morethon en 1878, curé très populaire et respecté. Il est resté durant 22 ans en poste à Villars et a assisté notamment à la construction de la nouvelle église. D’après les témoignages retrouvés, son soutien au mouvement des mineurs grévistes lui avait valu le surnom de « père des mineurs ».

Dans cette sépulture commune sont également inhumés deux prêtres décédés bien avant l’édification de ce caveau. Ce qui signifie que leurs dépouilles mortelles ont été transférées depuis l’ancien cimetière alors situé à l’Arsenal (le nouveau et actuel cimetière a été aménagé en 1868). Il s’agit d’Antoine Lardon (décédé en 1821 à 71 ans) et de Mathieu Massard (décédé en 1856 à l’âge de 52 ans). Enfin Jean Grivolat (décédé en 1903 à l’âge de 65 ans) a également été mis en terre ici.

Pour l’anecdote, on sait par les transcriptions enregistrées sur les registres paroissiaux, que certains prêtres ont été inhumés non pas au cimetière, mais au sein même de l’ancienne église (aujourd’hui salle du conseil municipal). C’est le cas d’Antoine Pradal (décédé en 1668), d’Antoine Le Lieure (décédé en 1692), de Jean Baptiste Beauchaud (décédé en 1732), de Pierre Clavelloux (décédé en 1756).

La deuxième tombe accueille quant à elle quatre religieuses, sœurs de la congrégation de Saint-Joseph, communauté établie dans le petit couvent situé à l’Arsenal et fondé en 1826. Si la pierre tombale porte la date de 1901, on sait par les registres de délibérations, qu’en février 1869 le maire Augustin Guitton a fait valider par le conseil municipal la cession à titre gratuit et perpétuel d’une parcelle de terrain au nouveau cimetière « en égard au dévouement de ces bonnes Sœurs à l’instruction des jeunes filles de la commune de Villars ». Cette délibération a été prise juste après le décès en janvier 1869 de deux religieuses inhumées dans la concession offerte par la mairie, à savoir Fleurie Odin (env 1807-1869) et Joséphine Roubeaud (1833-1869).

Pourtant seulement quatre noms, autres que ces deux sœurs précitées, sont gravés dans le marbre. Leur identification a été plus difficile puisqu’elles y figurent sous leurs noms de religieuses.

Il s’agit de sœur Saint-Louis, née Claudine Ruet (1809-1886), de sœur Philomène, née Benoite Didier (1815-1886) et de sœur Sainte-Brigitte, née Marie Collonge (1812-1892). Le dernier nom gravé est celui de sœur Antonia, née Marie Colombet (1857-1938), native d’Yssingeaux, décédée à 81 ans, dont 51 ans comme religieuse, infirmière, titulaire de la médaille des épidémies et très appréciée à Villars.

Sources : délibérations du conseil municipal, presse ancienne.

Photos collection personnelle.

©H&P-Pierre THIOLIÈRE

 

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