Barthélémy Ponsonnard

Maire de Villars, mais pour 1 jour seulement!

Les élections municipales de 1881 vont créer la surprise. Auguste Guitton, le maire sortant est mis en minorité. Son adjoint est désigné comme maire par ses propres adversaires. Mais après une nuit de réflexion il démissionne.

Le mandat le plus court pour un maire de Villars a été de seulement…un jour. Le temps nécessaire à la réflexion pour le sieur Ponsonnard, ingénieur des mines, adjoint d’Auguste Guitton et désigné maire …par la liste d’opposition devenue majoritaire !

Une situation inédite issue des nouvelles règles électorales de la IIIè République. Depuis la loi de 1876, le maire et son adjoint ne sont plus nommés directement par le Préfet, mais désignés à la majorité par le conseil municipal, lui-même élu au suffrage universel, par les hommes de plus de 21 ans de la commune.

Le 9 janvier puis le 16 janvier 1881, 401 électeurs villardaires sont donc invités à se rendre aux urnes pour choisir leurs représentants (16 conseillers à élire) parmi les deux listes en concurrence. Et comme on peut rayer et même ajouter des noms, le dépouillement des 305 bulletins déposés dans l’urne va réserver son lot de surprises.

La liste républicaine et progressiste (dont une majorité d’ouvriers mineurs) obtient de 153 à 174 voix et la liste conservatrice menée par Augustin Guitton de 50 à 14 voix seulement. C’est la douche froide pour le maire sortant mis en ballottage et qui devra attendre le second tour pour garder sa place au conseil ! Par contre quatre noms portés à la fois sur les deux listes remportent une très forte majorité dont celui de l’actuel adjoint Barthélémy Ponsonnard.

Le dimanche 23 janvier à 9 heures du matin, le nouveau conseil composé de 16 élus se réunit donc pour désigner le maire. Un seul tour suffit pour nommer à l’unanimité (sauf une voix) Barthélémy Ponsonnard, jeune ingénieur pour le compte de la Compagnie des Mines de la Loire (il a alors 32 ans).

Mais l’homme ne s’y attend visiblement pas et dès le lendemain, sur papier à en-tête de la mairie, il va écrire au Préfet et lui présenter sa démission en ces mots : « Je n’ai pas cru tout d’abord devoir refuser cet honneur. Mais après réflexion je me trouve dans la nécessité de vous adresser ma démission. Mes occupations multiples et journalières ne me permettant pas en effet de consacrer au service de la mairie le temps qui lui est absolument nécessaire. Tout en restant simple conseiller municipal, mon concours est acquis d’avance aux intérêts de la commune ». Ponsonnard continuera d’ailleurs de siéger au conseil jusqu’aux élections de 1884.

C’est Louis Aubert (houilleur) qui lui succédera, devenant le premier maire républicain socialiste de la commune.

Sources : presse ancienne, archives départementales, délibérations conseil municipal.

Photo de M. Ponsonnard aimablement fournie par la famille

©H&P-Pierre THIOLIÈRE

 

 

Rechercher sur le site