DEPUIS 1809, GARDES-CHAMPÊTRES PUIS POLICIERS VEILLENT SUR VILLARS
Anciens militaires, blessés de la mine ou de guerre, petit retour en arrière sur des parcours parfois hors du commun !
Faute d’archives suffisantes (elles sont hélas manquantes) on ne sait presque rien sur la vie municipale à Villars avant 1808. À cette date et dans les premières délibérations encore existantes (Jean Baptiste Ravel est alors maire de la commune), le recrutement d’un garde-champêtre est plusieurs fois évoqué.
La loi du 8 juillet 1795 avait rendu cette fonction obligatoire dans toutes les communes de France et en définissait le statut. Mais le poste étant souvent très mal rémunéré et les missions contraignantes, le recrutement s’avérait bien difficile. D’autant qu’en 1800 un arrêté imposait qu’il soit fait parmi les vétérans de l’Armée.
Le 1er mars 1809, le candidat idéal pour la petite commune de Villars et ses 500 habitants est enfin trouvé. Il s’agit de Jacques Mathevet, de Saint-Chamond, sergent vétéran à la 48è demi-brigade. Mais son maigre traitement (48 francs par an ! ) reste néanmoins trop cher pour les finances de la commune qui va s’entendre et mutualiser la fonction avec La Fouillouse et Saint-Priest-en-Jarez. C’est donc le premier garde-champêtre connu de la commune. Mais de santé fragile, il va très vite renoncer pour être remplacé par Jean Marie Fournel, ancien militaire lui aussi.
Parmi la vingtaine de gardes-champêtres de Villars identifiés à ce jour, on citera quelques autres noms marquants. À commencer par Étienne Mary, dont on connaît le visage puisqu’il apparaît sur une photo des conscrits de la classe 1886. Né en 1810 à Auxerre, médaillé militaire, il est décédé en 1890 à Villars. Il est resté 25 ans en fonction dans la commune.
Mathieu Trapeaux, au départ sabotier à Sauvain, puis employé au chemin de fer deviendra gardien de la paix, sergent de ville à Saint-Étienne, bénéficiant d’une certaine renommée. De 1894 à son départ à la retraite en 1906, sa solide stature contribuera à faire régner l’ordre à Villars. À noter sa passion pour la colombophilie.
Pierre Fayet, conseiller municipal, a été victime d’un grave accident de mine à la fendue des Calles à la Chana en mai 1913, il a dû être amputé du bras droit et ne pouvait plus travailler comme mineur. Le maire Jean-Baptiste Paret lui proposera le poste de garde-champêtre alors vacant. Il démissionnera en 1915 pour se reconvertir en marchand de journaux. Quelques mois plus tard son fils Philippe tombera au champ d’honneur près de Verdun.
D’abord modeleur, métallurgiste, menuisier, modeleur, habitant au Bois-Monzil puis à Curnieu, Mathieu Boiron, s’est ensuite installé dans un logement de fonction au château (actuelle mairie) comme garde municipale. Il décédera malheureusement en fonction des suites de maladie en 1939. Ses descendants habitent toujours la commune. Son frère aîné Jean est décédé sous les drapeaux en 1892 en Cochinchine.
Claudius Joubert, né à Villars, était sous les drapeaux lorsque la seconde guerre mondiale s’est déclarée. Soldat au 4è Bataillon de Chasseurs à pied, il a été blessé au combat à Beauvais par éclat de bombe le 7 juin 1940. Mutilé de guerre, il sera d’abord fossoyeur en 1941 puis garde-champêtre en 1949.
Robert Garot, rapatrié d’Algérie, a occupé cette fonction pendant plus de 20 ans et de nombreux Villardaires se souviennent encore précisément de lui. Fin 1973 (Louis Bernichon est alors maire) son statut professionnel évolue, suite à une directive du ministère de l’intérieure. De garde-champêtre il devient gardien principal de police (le premier de Villars) et ce jusqu’à sa retraite.
La liste a priori exhaustive des gardes champêtres de la commune est à consulter auprès des Amis du Patrimoine de Villars, permanence au musée tous les samedis après-midi.
Jacques MATHEVET
Jean Marie FOURNEL
Vital RIGAUD
Claude CUZIN
Etienne MARY
Jean Pierre DUBOEUF
FAURE
Joseph WEISSENBACH
Mathieu TRAPEAUX
Henri DUMAS
Pierre FAYET
Claude SAYET
Claude DELORME
Joseph ROBERT
Mathieu BOIRON
Rambert THIVELLIER
Claudius JOUBERT
Jean GIBERT
Louis MICHON
Robert GAROT
Sources : délibérations du conseil municipal, archives départementales, presse ancienne, état civil, registres matricules
Photos d’après conseils de révision, collection musée JM Somet
©H&P-Pierre THIOLIÈRE