La famille Verrier, armuriers et passementiers à Villars

Ils ont participé à l’essor économique du village, s’impliquant dans la vie municipale et associative, allant même jusqu’à verser leur sang pour la patrie. Récit d’une saga familiale.

À l’état civil, on trouve trace de la présence de la famille Verrier à Villars en 1702. Le nom s’écrit alors Veyrier. Le mariage entre Jean Granger laboureur de Saint-Étienne du quartier du Coin, avec Marie Jacod va changer bien des choses. Les Jacod sont des forgeurs et fabricants d’armes à une époque où les besoins sont grands pour équiper les troupes de Louis XIV. Et les fabrications de la région stéphanoise bénéficient d’une indéniable renommée.
C’est à Villars que la famille Verrier va s’agrandir et prospérer. De génération en génération, on les retrouve faiseurs de platine et armuriers, installés à Curnieux où ils sont propriétaires.
Dans l’histoire de la commune, la famille Verrier a aussi laissé des traces. En 1792, alors que la France est en guerre, Jean Verrier est désigné membre de la garde nationale avec le grade de sergent. En 1794 il siège au conseil municipal et y apparaîtra régulièrement jusqu’en 1813. Avec la génération suivante, c’est un nouveau Jean Verrier qui fait son entrée au sein de la Municipalité de 1837 à 1846.
Vers 1860, un virage professionnel s’opère. Comme beaucoup d’autres armuriers de la commune, les Verrier se reconvertissent en passementiers. La famille a désormais des descendants installés au Bois-Monzil et à l’Arsenal. Parmi eux, Antoine Verrier, passementier, sera le président fondateur de l’Avenir du Bois-Monzil en 1899. Au recensement de 1911, deux Verrier sont épiciers et trois autres passementiers.
Et à l’heure de la Grande Guerre, ils seront six de ce nom à répondre à l’appel de la mobilisation générale, avec des infortunes diverses. Parmi eux, on évoquera le triste destin de Jean Verrier, sergent au 54è Régiment d’infanterie coloniale, tué au combat face aux Bulgares le 28 novembre 1916 à Orahovo près de Monastir (Macédoine) à l’âge de 21 ans.
Son père Antoine Verrier, passementier à l’Arsenal, sera ensuite le vice-président d’honneur de l’Association des Poilus de Villars et premier adjoint de la Municipalité de Louis Soulier de 1921 à 1925. Il s’éteindra chez lui à l’Arsenal en juillet 1943, durant les heures sombres de l’occupation allemande.
Jean VERRIER né le 9/08/1885 à Villars, fils de Antoine VERRIER, passementier né à Villars et de Marie BOIRON passementière née à Villars, domiciliés rue Danton. Célibataire, fils unique, profession passementier. Incorporé au 22ème RIC à Marseille le 16/12/1914. Nommé caporal le 11/04/1915. Passé au 2ème BTS le 21/04/1915, passé au Corps expéditionnaire d’Orient le 7/09/1915. Passé au 54ème RIC le 15/10/1915. Sergent le 20/08/1916. Mort pour la France le 28/11/1916 à Orahovo près de Monastir (Serbie). Inscrit sur le monument aux morts de Villars. Son père Antoine VERRIER sera ensuite le vice-président d’honneur de l’Association des Poilus de Villars et 1er adjoint de la Municipalité de Louis SOULIER à compter de 1921.
 
 
Sources : délibérations du conseil municipal, registres matricules, recensement de population, registres d’état civil
Photos collection musée JM Somet
©H&P-Pierre THIOLIÈRE
 
verrier_2

Rechercher sur le site